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Notre Conseil Général est (aussi) une webagency

11déc2014

Une fois n’est pas coutume, un billet d’humeur. Dans le cadre de notre veille des marchés publics, nous avons pris connaissance, en cette fin d’annee 2014, d’un appel d’offres pour l’hébergement de  la solution DéSIDé31, solution de création de sites internet pour les communes de Haute-Garonne, proposée par le Conseil Général à travers l'Agence Technique Départementale de la Haute-Garonne. L’occasion de s'interroger sur la légitimité d’une collectivité à proposer des prestations de conseil et réalisation de solutions internet.

L’Agence Technique Départementale et la plate-forme DéSIDé31

L’Agence Technique Départementale (ATD) de Haute-Garonne est un Etablissement public administratif départemental mis en place par le Conseil Général dont le Président en est, de droit, le Président du Conseil Général. Sa mission est d’assister et conseiller les communes dans différents domaines tels que l’urbanisme, les finances locales, le juridique, …

Depuis quelques années l’ATD a décidé de proposer ses services aux communes pour la création de leur site internet. La raison invoquée étant que les petites communes n’auraient pas la capacité de mettre en place par elles-mêmes leur site internet et qu’il était utile que l’ATD leur propose ce service. Ce service est accompagné et financé, partiellement, par l’Union Européenne. La lecture du descriptif de la plate-forme donne une bonne idée de la complexité de cette « usine à sites » qui mobilise des compétences pointues et donc les conséquents budgets correspondant.

Et concrètement, quels résultats ?

Le rapport d’activité 2013 du Conseil Général indique « Au 31 décembre 2013, 70 collectivités se sont portées candidates. 16 sites sont opérationnels et publiés, 30 sont en cours de construction. » Ces sites sont par exemple ceux des communes d’Ayguesvives, (www.ayguesvives31.fr), Lasserre (www.mairie-lasserre31.fr) ou Auzas (www.auzas.fr). Quant à la qualité de ces sites, chacun aura sa propre appréciation. On ne peut contester, en terme de structure et de design, un côté vintage qui nous ramène vers ce qui se faisait au début du web, et même au tout début, au siècle précédent …

L’intervention des collectivités dans le champ concurrentiel est strictement encadrée.

Les collectivités ne peuvent proposer des services assurés par des prestataires privés que s’il est fait état d’une carence de l’initiative privée. Que cette carence existe s’agissant de la réalisation de sites internet pour de très petites communes de quelques dizaines d’habitants peut, très éventuellement, se justifier (et encore, car ces communes pourraient communiquer sur internet dans le cadre de leur intercommunalité, dont c’est la vocation), mais de toute évidence cette carence n’existe pas s’agissant de la réalisation de sites pour des communes de plusieurs milliers d’habitants tels qu’Ayguesvives ou Fonbeauzard.

Mais quel est le problème ?

  • La bonne utilisation des fonds publics : il serait intéressant de connaître le coût exact d’un site déployé. Il ne faudra rien omettre : coût initial de l’intégration propriétaire du CMS, budget des personnels dédiés au sein de l’ATD, frais de structure de l’ATD, financements européens, hébergement et maintenance du système, déploiement de chaque projet, etc … Il serait très étonnant qu’au final le budget unitaire (par site de commune) ne soit pas infiniment supérieur à celui du déploiement d’une solution comparable en technologie standard. Une solution WordPress fait largement l’affaire, notons qu’elle sera en général nativement adaptée à tout type de terminal (« responsive design »), et que, de plus, elle bénéficiera en général d’un design de très bonne qualité.

 

  • La concurrence vis-à-vis des prestataires locaux : partout, sur l’ensemble du territoire, des prestataires internet « de proximité » sont susceptibles de réaliser des sites de qualité pour des communes en utilisant des technologies type WordPress. Et ceci dans des budgets très raisonnables, en général entre 1000 et 5000 euros HT, la fourchette est large. Les prestataires locaux voient donc ces revenus potentiels leur échapper, et les acteurs publics, Conseil Général et commune, perdent là l’occasion de revitaliser le tissu économique de proximité, ce qui est par ailleurs leur objectif.

A chacun son rôle ?

Au final, pour résumer simplement, on peut se demander s’il ne serait pas plus bénéfique que chacun joue son rôle :

  • Que les prestataires internet s’occupent … d’internet
  • Et que les collectivités s’occupent des missions d’intérêt général qui leur sont dévolues (transport, social, éducation, etc …), sans rentrer en concurrence avec des prestataires nombreux et compétents.

Et il est pour le moins surprenant, pour nous professionnels, de savoir que nous sommes concurrencés dans notre activité par des collectivités locales, financées, notamment, par nos propres impôts …

Commentaires

Il faudrait...
posté par JcEspy
le 14/12/2014 à 15:12

Il faudrait que tous les professionnels de la com de notre région fasse circuler cet article. Le Conseil Général ne sait plus quoi faire pour justifier son existence !

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